Nantes Amiante : vent debout contre le rapport de l’IGAS


Les 14 agents du ministère des Affaires Étrangères, victimes de l’amiante du Tripode, ne désarment pas.

Passés les premiers en procès dans le cadre de leur recours en « préjudice d’anxiété », devant le tribunal administratif de Nantes, les employés du ministère des Affaires Étrangères de Nantes ont décidé de faire appel de la décision de cette juridiction qui a estimé que les faits étaient prescrits. Ce sera désormais à la cour administrative d’appel de Nantes de se prononcer.
Parallèlement l’intersyndicale réagit vivement au rapport de l’Inspection générale des affaires sociales (IGAS) estimant qu’il « est mensongé, à charge et plein d’inexactitudes ».
« Nous prenons les moyens d’attaquer ce rapport s’il devenait une décision administrative. Si jamais nos ministres utilisaient ce rapport contre nous il est clair que nous entrerions dans une action militante et judiciaire. Il contient des éléments mensongés sur l’exposition maximum que nous avons eue. Ce rapport porte atteinte à nos collègues vivants et morts. Nous espérons toujours le classement du tripode en site amianté », explique Francis Judas représentant de l’intersyndicale.
« Nous faisons appel pour 14 dossiers mais après, il y en a 150 derrière. Le tribunal administratif retient clairement la responsabilité de l’État en tant que régulateur ; il n’a pas pris les mesures réglementaires suffisantes. Il a attendu 1996 pour agir. En tant qu’employeur et propriétaire de l’immeuble, la responsabilité de l’État est clairement caractérisée par le tribunal. Nous allons demander à la cour d’appel de confirmer cela. Le tribunal nous reproche d’avoir agi tardivement : sur ce point, nous avons des arguments solides devant la cour d’appel » précise Me François Lafforgue, avocat des quatorze agents concernés.
Au total, 1800 agents de l’État issus de l’Insee, du Trésor Public, du Ministère des Affaires Étrangères et du restaurant interadministratif ont été exposés intensément à l’amiante dans l’immeuble Tripode, sur l’île Beaulieu à Nantes, entre 1972 et 1993. Le bâtiment est démoli en 2005.

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Lundi devant le bâtiment du ministère des Affaires Etrangères au Breil Photo PO-Eric Cabanas

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