Lettre au ministre : Quand le SCEC veut fermer ses portes au public !


Nous apprenons, au détour d’une réunion sur la sécurité des sites nantais, que le Service Central de l’Etat Civil à Nantes a programmé la fermeture définitive de son guichet d’accueil au public.

Monsieur le Ministre, vous le savez, le Service Central de l’Etat Civil est surnommé « la plus grande mairie de France » et ce projet ne peut que soulever notre indignation sur l’abandon d’un service offert à nos concitoyens nés à l’étranger. Cette décision pourrait par ailleurs être considérée comme discriminatoire à l’égard d’une population souvent démunie et/ou ne bénéficiant pas d’accès aux moyens « modernes » de communication.

Bien sûr, nous connaissons le discours, toujours le même, motivant les reculs en matière d’offre de services publics de l’Etat par la rentabilité, l’optimisation des effectifs ou encore « la réduction nécessaire des dépenses de fonctionnement ».
Dans notre ministère, ces mêmes arguments ont servi à justifier l’externalisation des demandes de visas. Ils servent aujourd’hui à fermer un accueil physique au SCEC de Nantes. Nous craignons qu’ils soient utilisés, dans un proche avenir, par tel ou tel Chef de Poste pour de nouveau renoncer aux services offerts à nos compatriotes ! Mais peut-on imaginer une mairie ne plus accueillir physiquement un demandeur d’acte d’état civil ? Est-ce là la définition d’un Ministère du XXIème siècle que vous appelez de vos vœux : un ministère sans visages ?

Certes, la qualité du service public repose en partie sur sa capacité à s’adapter aux progrès techniques, toutefois les évolutions technologiques doivent être une offre supplémentaire et non la raison d’une réduction des services offerts.
La dématérialisation est une chose, la déshumanisation en est une autre. Ces permanences d’accueil sont utiles aux usagers et cette utilité ne doit pas être remise en cause.
Et cette décision de fermer le guichet d’accueil du SCEC va en réalité à l’encontre de l’enjeu de modernisation de l’action de l’Etat et de la qualité des services publics, pourtant régulièrement rappelé au niveau gouvernemental au travers du référentiel Marianne par exemple.

Par ailleurs, nous regrettons que cette décision ait été prise sans faire l’objet d’une présentation en 2013 lors d’un Comité Technique Spécial à Nantes ni être soumise à l’avis du Comité Technique Ministériel, deux instances qui sont pourtant compétentes en matière d’organisation et de fonctionnement de notre administration.

Monsieur le Ministre, la CGT MAE ne peut cautionner une remise en cause de l’égalité d’accès et de traitement pour tous les citoyens et vous informe qu’elle mettra tout en œuvre pour préserver ce contact avec l’usager-citoyen, y compris pour être au premier rang des mobilisations indispensables du personnel et des associations d’usagers afin de sauvegarder ce service rendu à nos concitoyens.

C’est pourquoi nous vous demandons d’intervenir auprès de la DFAE pour le maintien d’un accueil physique au SCEC

Veuillez agréer, Monsieur le Ministre, l’expression de notre haute considération.

Pour la CGT/MAE,
Le Secrétaire général,

Yannick GUIDOUX

Monsieur Laurent FABIUS
Ministre des Affaires Etrangères
et du Développement International
37, Quai d’Orsay
75700 PARIS 07SP