DECLARATION CGT/MAE LORS DE LA VENUE DU MINISTRE AU COMITE TECHNIQUE MINISTERIEL DU MAEDI.


- Monsieur le Ministre, Madame la Présidente du CTM, Chers collègues,

- L’administration nous présente régulièrement de grands projets sensés améliorer l’organisation du MAEDI : modernisation, exemplarité des cadres, MAEDI21, GPEEC, RIFSEP, Charte du temps, médiateur, soit…

- Mais qu’en est-il dans la réalité ?

- La politique de suppression d’effectifs systématique menée ces dernières années ne cesse de menacer l’exercice de nos missions à l’étranger. Les conditions de travail des agents, qu’ils soient titulaires, recrutés locaux ou contractuels expatriés, se dégradent continuellement.

- A la CGT, nous sommes tous les jours saisis par des agents dans la détresse, souvent sous couvert de confidentialité car tout contact avec un syndicat tel que la CGT pourrait nuire à leur carrière. Et encore cela est-il la partie émergée de l’iceberg, la plupart des agents subissent les pressions et la charge de travail sans oser s’en plaindre. Lors de nos séjours en poste, nous avons tous constaté la multiplication des heures supplémentaires, la complexification des dossiers, le recours accru à la polyvalence…

- Comment espérer défendre une image valorisante de la France alors même que ses propres agents se sentent méprisés, exploités ? Dans la plupart des postes, le 14 juillet, commémorant la Révolution française, est devenue un cocktail VIP auquel ni la communauté française ni même les agents du poste, hors chefs de service, ne sont conviés ?

- Nous nous félicitions que le thème de l’exemplarité des encadrants soit une de vos priorités. En effet, c’est un gros chantier dans notre Ministère. Trop souvent, pour ne pas dire systématiquement, l’administration défend les supérieurs hiérarchiques contre leurs subordonnées. Lorsqu’un agent ose signaler un cas de harcèlement à son encontre, il est bien souvent dissuadé par l’administration et sa carrière s’en trouve pénalisée sous prétexte qu’il ne serait pas suffisamment solide psychologiquement. Et combien de sanctions réelles pour les encadrants ?

- L’image de la France passe également par la façon dont elle traite ses recrutés locaux : comment justifier que l’Etat français fasse fi du Droit du travail international et se cantonne, au mieux, à un Droit local parfois inexistant ? Comment justifier le licenciement, sans aucune recherche de solution alternative, de certains agents travaillant avec dévouement pour la France depuis de nombreuses années ?

- La CGT se bat en vain depuis plusieurs mois pour faire annuler le licenciement d’une recrutée locale du Consulat général de France à Oran. Cette collègue, dont la mère était pupille de la nation, a fait montre depuis plusieurs années de dévouement, polyvalence, adaptation dans ses fonctions. Elle en a été félicitée par plusieurs consuls généraux. Comment justifier qu’au mépris du Droit local qui exige que l’ancienneté soit prise en compte en cas de licenciement économique et malgré une pétition signée par la plupart de ses collègues, le Consul général maintienne son choix, contre l’avis de la Commission consultative locale ?

- La CGT organise une mission en Algérie début décembre et alors que l’ambassadeur ainsi que le Consul général à Annaba nous accueillent et facilitent notre mission, nous n’avons à ce jour toujours pas reçu de réponse d’Oran qui montre ainsi le peu de cas fait du dialogue social.

- Malheureusement, ce cas d’actualité n’est pas une exception et nous voyons trop souvent des licenciements sauvages de recrutés locaux, des contrats d’agents polyvalents, un manque de règlementation permettant d’utiliser les agents comme bon vous semble. Là encore, pensez-vous que l’image de la France en sorte indemne ? La CGT revendique que le Ministère des affaires étrangères respecte un socle minimal de droits en conformité avec l’Organisation internationale du travail.

- Vous avez-vous-même été questionné à l’Assemblée nationale en 1994 sur la question du droit aux allocations de retour à l’emploi (ARE) pour les recrutés locaux français de retour en France : pourquoi ce dossier n’a-t-il absolument pas avancé depuis ?

- Pour conclure, la CGT soutient que l’image de la France dans le monde, c’est aussi la spécificité de son modèle social, la qualité de sa Fonction publique et qu’en sacrifiant ce modèle pour des logiques budgétaires à courte vue, elle s’appauvrit à long terme, en cessant d’être une référence en matière de Droit du travail et de dialogue social.

- Nous vous remercions, Monsieur le Ministre. pour votre écoute,

Pour la CGT/MAE, Valérie Jacq Duclos, Secrétaire Générale.