A Berlin comme ailleurs : hors de question d’avaliser les réformes RGPP par sondage interposé.


AU MAEE LE SONDAGE DEVIENT UN INSTRUMENT DE DIALOGUE SOCIAL POUR ACCOMPAGNER LES REFORMES : UN EXEMPLE, LE POSTE PILOTE DE BERLIN.

- Le 15 mars, par courrier électronique, les personnels des services français à Berlin ont été informés qu’ils allaient être consultés par sondage sur leurs conditions de travail.

- Avant l’organisation d’un séminaire le 20 avril « cette consultation sera une première dans une Ambassade ». Berlin est en effet, parmi huit autres postes, une ambassade pilote en matière des réformes dites de lissage des effectifs à l’étranger : le courrier du 15 mars a omis de rappeler que cette réforme allait entraîner en 2009 et 2010 la suppression de 20 emplois, ETP/MAEE, avant la programmation 2011-2013. Les autres services de L’Etat sont également touchés.

- Cette consultation ne saurait légitimer des suppression de postes, sous couvert d’une volonté annoncée d’améliorer le dialogue social. Comme l’a rappelé la CGT lors du CTPM du 18 mars, le Comité Hygiène et Sécurité de cette ambassade s’est réuni le 2 juillet 2009 à Berlin... sans les représentants du personnel. On pourrait espérer mieux d’une administration pilote affichant sa volonté d’être « exemplaire en matière de dialogue social » et son ambition « d’améliorer les conditions de travail ».

- Donner la parole aux agents est une initiative à encourager. Cependant, si le but poursuivi est de faire cautionner par les personnels une réforme aboutissant à des suppressions d’emplois, la CGT se doit de dénoncer le piége tendu aux personnels et à leurs représentants. En outre, il ne serait pas surprenant que ce sondage, « pour préparer le changement », ait été dicté par un cabinet chargé de réformer les politiques de gestion des ressources humaines dans le public comme dans le privé.

- Dans le cadre de la révision générale des politiques publiques ( RGPP) Il faut en effet savoir que l’Etat a fait appel à des cabinets de consultants pour des coûts souvent élevés. Au MAEE les cabinets Mac Kinsey et Accenture ont participé à la réalisation des audits RGPP qui recommandent restructurations des services, externalisations des missions et suppressions d’emplois. Autre exemple, le cabinet Roland Berger Strategy Consultants a conseillé le gouvernement allemand pour réformer le secteur public avant de conseiller le gouvernement français.

- Avec la doctrine du « faire mieux et moins cher » ces cabinets « cost-killers » ( tueurs de coûts ) considèrent qu’un gouvernement doit gérer ses personnels comme une entreprise. Pour réduire les budgets publics ces cabinets prônent les mêmes méthodes que celles employées pour augmenter les profits des actionnaires dans le privé, à savoir : supprimer des emplois, restructurer les services, faire subir au personnel une pression permanente quelque soit le poste de travail occupé.

- Ces stratégies de gestion des ressources humaines sont bien souvent synonymes de dégradation des conditions de travail, comme par exemple à France Telecom. La CGT les combat car derrière « les changements profonds dans les administrations comme dans les entreprises privées » se profile l’ombre de la souffrance au travail.

- Dans le cas de nos postes à l’étranger, si une ambassade ne dispose plus des moyens humains et financiers suffisants pour mener à bien ses missions publiques il est illusoire d’attendre une amélioration des conditions de travail. Pour l’ensemble des agents la charge de travail devient telle qu’elle entraîne inévitablement un coût social élevé en matière de stress au travail. C’est pourquoi la CGT se bat pour que des plans de prévention soient mis en place comme l’exigent les textes en vigueur.

- A propos de la consultation des personnels en fonction à Berlin, la CGT tient à dénoncer le fait qu’elle soit confiée à l’ESCP Europe, vivier de recrutement pour les cabinets « cost-killers ». Les méthodes de ces consultants en entreprise y sont certainement enseignées comme l’organisation d’un sondage pour désamorcer un éventuel rejet par les salariés des politiques de réformes. Enfin, il importe aussi de savoir si la CNIL a été consultée sur la garantie affichée de confidentialité du sondage et la protection des données individuelles transmises à un opérateur privé.

- Pour toutes ces raisons, la CGT refuse de cautionner une pratique "pilote" visant à faire accepter par les agents les conséquences d’une réforme destructrice d’emplois sous couvert de s’intéresser aux futures victimes. Quant aux autres questions effleurées dans le sondage : « la mauvaise entente, le stress, la pression subie », elles ne pourront de toute façon que s’accentuer, inéluctablement.

- En conclusion, la CGT appelle les personnels à rejeter l’approbation des réformes par sondage interposé et à le faire savoir, lors du séminaire de Berlin, le 20 avril.

- Paris, le 18 mars 2010.

En piéce jointe veuillez trouver le tract CGT du 18 mars 2010
à propos du sondage RGPP de Berlin.